Le 3ème dimanche de Pâques
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
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Homélie de Pâques 2026
Frères et sœurs,
L’Évangile d’aujourd’hui nous conduit sur une route bien connue : celle d’Emmaüs. Deux disciples marchent, tristes, désorientés, déçus. Ils avaient espéré… mais tout semble fini. Et pourtant, sans qu’ils le reconnaissent, le Christ ressuscité marche avec eux. (Lc 24, 13-35) Cette scène est profondément humaine. Qui parmi nous n’a jamais connu ces moments où la foi semble obscurcie, où les événements de la vie contredisent nos espérances ? Comme ces disciples, nous pouvons marcher longtemps avec des questions, des doutes, voire une certaine fatigue intérieure.
Mais voici le cœur du message pascal : Dieu ne nous abandonne jamais sur nos routes. Le Seigneur nous rejoint toujours. Même quand nous ne le reconnaissons pas, le Christ est là, discret compagnon de nos chemins.
Le Christ est une présence qui éclaire. Jésus commence par écouter. Il ne s’impose pas. Il accueille la tristesse des disciples. Puis il explique les Écritures. C’est un détail essentiel : la lumière vient progressivement. La foi n’est pas une évidence immédiate, mais un chemin. Jésus ne fait pas un miracle spectaculaire comme beaucoup de nous pensent aujourd’hui; il ouvre leur intelligence. C’est ce que nous rappelle aussi saint Pierre dans la première lecture des Actes des Apôtres : il relit la mort et la résurrection de Jésus à la lumière du plan de Dieu. Ce qui semblait être un échec devient accomplissement.(1 Pierre 1, 17-21). Dans nos vies aussi, Dieu agit ainsi : il éclaire peu à peu, à travers sa Parole, les événements que nous ne comprenons pas encore.
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous quand il nous parlait ? » Voilà un signe de la présence de Dieu : un feu intérieur, une paix profonde, une lumière qui touche le cœur. La foi chrétienne n’est pas seulement une idée ou une tradition. Elle est une rencontre vivante. Quand nous écoutons la Parole de Dieu, quand nous prions, quand nous cherchons sincèrement la vérité, quelque chose peut s’allumer en nous .Saint Pierre, dans la Première lettre de Pierre, nous rappelle que notre foi repose sur quelque chose de solide : le Christ ressuscité, vivant pour toujours. Ce n’est pas une illusion, mais une espérance fondée.
En fait, les disciples d’Emmaüs ont reconnu Jésus-Christ dans le partage du pain. C’est au moment du repas que leurs yeux s’ouvrent : à la fraction du pain. Ce geste nous renvoie directement à l’Eucharistie. C’est là que nous reconnaissons aujourd’hui le Christ vivant. Souvent, nous cherchons Dieu dans des signes extraordinaires, mais il se donne dans la simplicité : dans une parole adressée gentiment à l’autre, un geste posé avec amour, un pain partagé. Et dès qu’ils le reconnaissent, Jésus disparaît. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont plus besoin de le voir : ils savent désormais qu’il est vivant. Les disciples repartent aussitôt vers Jérusalem. Ils passent de la fuite à la mission, du découragement à la joie. C’est toujours le fruit de la rencontre avec le Ressuscité : on ne peut pas garder cette joie pour soi.
Frères et sœurs, nous sommes tous, d’une certaine manière, des pèlerins d’Emmaüs. Nous avançons avec nos questions, nos joies et nos blessures. Mais aujourd’hui, une bonne nouvelle nous est donnée : Le Christ marche avec nous, Il éclaire nos vies par sa Parole, Il se donne à nous dans le pain partagé Il transforme nos cœurs et nous envoie Demandons cette grâce : avoir des yeux pour le reconnaître et un cœur qui brûle de sa présence. Et que, comme les disciples, nous puissions dire à notre tour « Il est vraiment ressuscité, et il a marché avec nous. » Amen
P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 12 avril 2026
