Le 4ème dimanche de Pâques
Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié.
Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : Frères, que devons-nous faire ?
Pierre leur répondit : Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
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Homélie du 4ème dimanche de Pâques
Frères et sœurs,
En ce 4ème dimanche de Pâques, appelé traditionnellement « dimanche du Bon Pasteur », la Parole de Dieu nous invite à contempler le Christ comme celui qui guide, protège et donne la vie en abondance.
Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus se présente d’une manière surprenante : il n’est pas seulement le berger, il est aussi « la porte ». Cela signifie que l’accès à la vie véritable passe par lui. Entrer par cette porte, ce n’est pas simplement adhérer à une idée ou à une morale, c’est entrer dans une relation vivante avec le Christ. Lui seul conduit vers une vie pleine, libre et habitée par Dieu. (Jn 10, 1-10).
Face à cela, Jésus évoque aussi ceux qui « passent ailleurs » : les voleurs et les brigands. Ce sont toutes ces voix, intérieures ou extérieures, qui promettent la vie, mais conduisent à la confusion, à la peur ou à la fermeture. Aujourd’hui encore, nous connaissons ces voix : réussite sans vérité, liberté sans responsabilité, bonheur sans amour réel. Le Christ, lui, ne trompe pas. Il appelle chacun par son nom et mène vers des pâturages où l’âme peut enfin respirer.
Dans la première lecture, Pierre, après la Résurrection, annonce avec force : « Que toute la maison d’Israël le sache : Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » Cette parole touche les cœurs. Les auditeurs demandent : « Que devons-nous faire ? » Et Pierre répond simplement : « Convertissez-vous. » La rencontre avec le Christ ouvre toujours un chemin de conversion, c’est-à-dire un changement profond de regard et de vie. Il ne s’agit pas de devenir parfaits d’un coup, mais de choisir chaque jour d’écouter la voix du Bon Pasteur plutôt que celles qui nous dispersent. (Ac 2, 14a. 36-41).
La lettre de saint Pierre approfondit ce mystère : le Christ est le berger qui a donné sa vie pour ses brebis. « Par ses blessures, vous êtes guéris. » Voilà le cœur de notre foi : nous ne sommes pas sauvés par nos propres forces, mais par un amour qui va jusqu’au don total. Et cet amour devient pour nous un modèle. Suivre le Christ, c’est apprendre à aimer même dans l’épreuve, à demeurer juste même dans l’injustice, à faire confiance même dans l’obscurité. (1Pi 2, 20b-25).
Frères et sœurs, cette liturgie nous pose une question simple et exigeante : quelle voix est-ce que j’écoute ? Celle du Christ, qui appelle à la vie, ou d’autres voix qui me détournent peu à peu de l’essentiel ? Le Bon Pasteur ne s’impose pas. Il appelle, il guide, il attend. Mais il promet aussi : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » Cette abondance n’est pas une accumulation de biens ou de succès, mais une vie habitée par la paix, la confiance et la communion avec Dieu.
Demandons aujourd’hui la grâce de reconnaître sa voix au milieu du bruit du monde. Demandons un cœur disponible pour entrer par lui, demeurer avec lui, et marcher à sa suite. Amen.
P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 19 avril 2026
