Homélie - 3ᵉ dimanche de Carême

(Evangile Jn 4, 5-42)
La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »…
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Homélie – 3ᵉ dimanche de Carême, Année A (2026)

Frères et sœurs, la liturgie de ce troisième dimanche de Carême nous conduit au cœur d’un grand symbole biblique : l’eau, signe de la vie, mais surtout signe de la grâce de Dieu qui étanche la soif la plus profonde de l’être humain.
Dans la première lecture (Ex 17, 3-7), le peuple d’Israël, sorti d’Égypte, traverse le désert. Très vite, la soif devient insupportable et le peuple murmure contre Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? » Derrière cette plainte, il y a une question plus grave : Dieu est-il vraiment au milieu de nous ? Le désert révèle la fragilité de la foi. Pourtant, malgré l’infidélité du peuple, Dieu ne retire pas sa présence. Il demande à Moïse de frapper le rocher, et de ce rocher jaillit l’eau qui sauve le peuple. Ce rocher devient ainsi signe de la fidélité de Dieu : quand l’homme doute, Dieu continue de donner la vie.
Cette image trouve son accomplissement dans l’Évangile (Jn 4, 5-42), où Jésus rencontre la Samaritaine au puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, demande simplement : « Donne-moi à boire ». Mais cette demande ouvre un dialogue profond qui conduit à une révélation extraordinaire. Jésus promet une eau vive : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ».
La Samaritaine représente l’humanité entière : une humanité assoiffée, blessée, en quête de sens. Sa vie est marquée par des relations brisées, par une soif affective et spirituelle qui n’a jamais été comblée. Jésus ne la condamne pas ; il éclaire sa vérité et lui offre une vie nouvelle. L’« eau vive » dont parle Jésus n’est autre que la grâce de l’Esprit Saint, la vie divine qui transforme le cœur.
Saint Paul nous aide à comprendre ce mystère dans la deuxième lecture (Rm 5, 1-2, 5-8). Il affirme que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Voilà la source véritable : l’amour de Dieu offert gratuitement. Cet amour s’est manifesté de manière suprême dans le Christ qui « est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ». La croix devient ainsi le rocher nouveau d’où jaillit l’eau de la grâce pour l’humanité.
Ces lectures nous invitent à une conversion profonde. Souvent, comme Israël dans le désert, nous murmurons contre Dieu lorsque la vie devient difficile. Nous cherchons aussi à étancher notre soif dans des « puits » qui ne peuvent pas satisfaire : la réussite, la possession, la reconnaissance, ou même des relations mal ordonnées. Pourtant, seul le Christ peut combler la soif du cœur humain.
Le Carême est précisément le temps pour revenir à cette source. Par la prière, la Parole de Dieu, les sacrements et la conversion du cœur, nous redécouvrons cette eau vive qui renouvelle notre vie. L’Évangile montre aussi que celui qui rencontre vraiment le Christ devient missionnaire : la Samaritaine laisse sa cruche et court annoncer aux habitants de la ville qu’elle a rencontrée le Messie. Celui qui a trouvé la source ne peut pas garder cette joie pour lui seul.
Demandons donc au Seigneur, en ce temps de Carême, de purifier notre cœur et de raviver en nous la grâce de notre baptême. Que le Christ, source d’eau vive, fasse de nous des témoins capables de conduire nos frères et sœurs vers la véritable source de la vie. Amen

P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 8 mars 2026