Homélie - 5ᵉ dimanche de Carême

(Evangile Jn 11, 1-45)
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »…
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Homélie – 5ᵉ dimanche de Carême, Année A (2026)

Les lectures de ce dimanche nous plongent au cœur du mystère de la vie que Dieu veut donner à son peuple : une vie plus forte que la mort, une vie animée par l’Esprit.
Dans la première lecture (Ez 37, 12-13), le prophète Ézéchiel annonce au peuple en exil : « Je vais ouvrir vos tombeaux… et je vous ferai remonter de vos tombeaux ». Ce texte, dans son contexte, ne parle pas d’abord de la résurrection individuelle, mais du relèvement d’Israël abattu, comme mort au milieu des nations. Pourtant, cette image des tombeaux ouverts dépasse déjà l’histoire : elle prépare la révélation plus pleine de la résurrection. Dieu n’est pas seulement celui qui améliore la vie ; il est celui qui recrée, qui fait surgir la vie là où tout semblait perdu.
Saint Paul, dans la lettre aux Romains (Rm 8, 8-11), nous fait passer de l’image à la réalité intérieure : « L’Esprit de Dieu habite en vous ». Il oppose la « chair » et « l’Esprit ». La chair, ce n’est pas le corps, mais l’homme livré à lui-même, fermé à Dieu. L’Esprit, c’est la vie divine en nous. Et Paul affirme quelque chose de vertigineux : l’Esprit qui a ressuscité Jésus habite en nous et nous fera vivre. La résurrection n’est pas seulement future ; elle a déjà commencé dans le cœur du croyant.
Enfin, l’Évangile (Jn 11, 1-45) nous présente le signe éclatant de la résurrection de Lazare. Jésus ne se contente pas de consoler Marthe et Marie ; il proclame : « Je suis la résurrection et la vie ». Il ne dit pas seulement qu’il donne la résurrection : il est lui-même la Vie. En appelant Lazare hors du tombeau, Jésus manifeste son autorité divine sur la mort. Mais ce miracle est aussi une annonce de sa propre Pâque.
En fait, ces textes affirment une vérité centrale de notre foi : Dieu est le Dieu de la vie. Il crée, il recrée, il ressuscite. Et cette vie nous est communiquée par l’Esprit Saint, grâce au Christ mort et ressuscité. La résurrection n’est pas une idée symbolique : elle est une réalité, enracinée dans la puissance même de Dieu.
Mais cette parole est aussi profondément pastorale. Car nous avons tous des « tombeaux » dans nos vies : blessures, péchés, découragements, situations qui semblent sans issue. Combien de fois pensons-nous : « c’est fini », « il n’y a plus d’espérance ». Or Dieu nous dit aujourd’hui : « Je vais ouvrir vos tombeaux ». Il n’y a pas de situation trop fermée pour lui. Même ce qui nous en paraît mort peut être relevé.
Ces lectures nous invitent à comprendre ce qu’est la vie chrétienne. Être chrétien, ce n’est pas seulement suivre des règles, c’est accueillir l’Esprit de Dieu en nous. C’est passer d’une vie centrée sur soi à une vie habitée par Dieu. C’est déjà entrer dans la vie éternelle. Et cette vie se nourrit de la foi en Jésus, de la prière, des sacrements, et d’une charité concrète.
Frères et sœurs, à l’approche de Pâques, la question de Jésus à Marthe nous est posée : « Crois-tu cela ? » Croyons-nous vraiment qu’il est la résurrection et la vie ? Si nous répondons oui, alors laissons-le appeler chacun de nous par notre nom, comme Lazare, et sortir de nos tombeaux.
Amen

P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 22 mars 2026