Le 2ème dimanche de Pâques, dimanche de la Miséricorde

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps.
Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves.
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Homélie de Pâques 2026 – Actes 2, 42-47 ; 1 Pierre 1, 3-6 ; Jean 20, 19-31

Frères et sœurs,
Ce deuxième dimanche de Pâques est souvent appelé dimanche de la Divine Miséricorde. Il nous place au cœur du mystère pascal qui est la rencontre entre la fragilité humaine et la puissance de la Résurrection.
Dans l’Évangile de ce jour, les disciples sont enfermés, paralysés par la peur. Pourtant, Jésus ressuscité vient au milieu d’eux, sans reproche, sans condamnation. Il leur dit simplement : « La paix soit avec vous ». Voilà déjà une première vérité théologique essentielle : la Résurrection n’efface pas seulement la mort, elle rétablit la relation. Elle est réconciliation.la Résurrection du Christ nous réconcilie.
La paix que le Seigneur a prononcée n’est pas abstraite, elle est accompagnée des signes. Jésus montre ses plaies. Son corps glorieux porte encore les marques de la croix. Cela signifie que la Résurrection n’efface pas l’histoire, elle la transfigure. Nos blessures, nos épreuves, nos péchés eux-mêmes peuvent devenir des lieux de grâce lorsque nous les offrons à Dieu.
Puis Jésus souffle sur ses disciples et dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Ce geste rappelle la création de l’homme dans la Genèse. Il s’agit d’une nouvelle création. L’Église naît ici comme communauté de pardonnés appelés à pardonner. Le pouvoir de remettre les péchés n’est pas d’abord une autorité juridique : c’est une participation à la miséricorde divine.
L’épisode de Thomas est particulièrement important pour nous. Il représente l’homme moderne, qui veut voir, toucher, vérifier. Jésus ne rejette pas son doute, mais il l’invite à aller plus loin : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». La foi chrétienne n’est pas naïveté, mais confiance. Elle dépasse la simple preuve pour entrer dans une relation vivante.
La deuxième lecture nous éclaire profondément : saint Pierre parle d’une « espérance vivante » fondée sur la Résurrection. Cette espérance ne supprime pas les épreuves, mais elle leur donne un sens. La foi est éprouvée « comme l’or au feu ». Autrement dit, la souffrance n’est pas inutile si elle nous purifie et nous rapproche de Dieu.
Enfin, la première lecture nous montre les fruits concrets de cette foi pascale : une communauté unie, fidèle à l’enseignement des apôtres, à la fraction du pain et à la prière. Ce n’est pas une utopie, mais le signe visible de la vie nouvelle. Là où le Christ ressuscité est accueilli, la communion naît, le partage devient possible, et la joie se répand.
Frères et sœurs, le message de ce dimanche est clair : La Résurrection apporte la paix au cœur de nos peurs, la miséricorde de Dieu transforme nos blessures, la foi nous fait passer du doute à la confiance, et l’Église est appelée à être un signe vivant de cette vie nouvelle. Demandons la grâce de ne pas rester enfermés comme les disciples, mais d’ouvrir nos cœurs à la présence du Ressuscité. Alors, comme Thomas, nous pourrons dire avec vérité :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! » Amen

P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 12 avril 2026