Homélie dimanche 21 juin 2026
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.
Homélie du 12ème dimanche du temps ordinaire
Frères et sœurs, La Parole de Dieu de ce dimanche nous invite à réfléchir sur un thème central de la foi chrétienne : la confiance en Dieu au milieu des épreuves et le courage du témoignage.
Dans la première lecture, le prophète Jérémie traverse une période de persécution. Il entend autour de lui : « Dénoncez-le ! » (Jr 20,10). Ses ennemis cherchent sa chute. Pourtant, au cœur de son angoisse, il affirme : « Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable » (Jr 20,11). Jérémie nous révèle une vérité spirituelle fondamentale : la foi ne supprime pas la souffrance, mais elle donne la certitude que Dieu accompagne son peuple dans l’épreuve. Le croyant n’est jamais abandonné. Cette expérience annonce déjà celle du Christ, rejeté par les hommes, mais soutenu par le Père.
Dans l’Évangile, Jésus prépare ses disciples aux difficultés de la mission. Il leur répète à trois reprises : « Ne craignez pas » (Mt 10,26.28.31). La peur est l’une des plus grandes entraves à la foi. Philosophiquement, la peur naît souvent de notre conscience de la fragilité humaine et de notre incapacité à maîtriser l’avenir. Mais Jésus invite ses disciples à regarder plus loin que les menaces immédiates. Il affirme : « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Mt 10,30). Cette parole exprime la doctrine de la Providence divine : Dieu connaît chacun personnellement et veille sur lui avec amour. Rien n’échappe à son regard.
Cependant, Jésus ne promet pas une existence sans souffrance. Il demande le courage de témoigner : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père » (Mt 10,32). La foi chrétienne n’est pas seulement une conviction intérieure ; elle est une confession publique de l’appartenance au Christ. Le disciple est appelé à vivre selon l’Évangile dans sa famille, son travail, la société et l’Église.
La deuxième lecture nous conduit au cœur du mystère du salut. Saint Paul établit une comparaison entre Adam et le Christ. Par Adam, le péché est entré dans le monde ; par le Christ, la grâce a surabondé (Rm 5,12-15). Cette affirmation possède une portée dogmatique essentielle. L’humanité porte la blessure du péché originel, qui affecte toute la condition humaine. Mais Dieu n’a pas laissé l’homme prisonnier du mal. En Jésus-Christ, nouvel Adam, il offre une grâce plus forte que le péché. Là où le péché a semé la mort, le Christ apporte la vie.
Cette vérité éclaire notre existence. Souvent, nous constatons autour de nous la violence, l’injustice, la souffrance et nos propres limites. Nous pourrions penser que le mal a le dernier mot. Pourtant, la foi chrétienne proclame que la grâce de Dieu est plus puissante que toutes les forces de destruction. Comme l’écrit Saint Paul ailleurs : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31).
Ainsi, les trois lectures convergent vers une même certitude : Dieu accompagne ses fidèles dans l’épreuve, il les appelle à témoigner sans peur et il leur donne en Jésus-Christ la victoire sur le péché et la mort. Demandons aujourd’hui la grâce d’une foi courageuse. Que le Seigneur nous délivre de nos peurs, fortifie notre confiance et nous rende capables de proclamer l’Évangile avec simplicité et fidélité. Alors nous pourrons redire avec le psalmiste : « Le Seigneur entend les pauvres » (Ps 68,34), et avec Jérémie : « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants » (Jr 20,13). Amen
P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise Saint Michel
dimanche 21 juin 2026