Homélie Dimanche des Rameaux 2026 Entrée messianique
(Evangile Philippiens 2, 6-11)
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père…
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Homélie – Dimanche des Rameaux 2026
Frères et sœurs,
Nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte avec une liturgie étonnante, presque déroutante. Elle commence dans la joie : les rameaux, l’acclamation — « Hosanna au Fils de David ! » et elle s’achève dans la gravité de la Passion : « Crucifie-le ! » Entre ces deux cris, il y a le cœur de notre foi.
Le Serviteur qui écoute et qui souffre (Isaïe 50, 4-7). Le prophète Isaïe nous présente la figure mystérieuse du Serviteur. Il n’est pas un homme puissant selon les critères du monde. Il est d’abord celui qui écoute : « Le Seigneur m’a donné une langue de disciple ». Avant de parler, il reçoit. Avant d’agir, il se laisse enseigner.
Mais cette fidélité à la Parole le conduit à la souffrance : « J’ai tendu le dos à ceux qui me frappaient ». Pourtant, il ne fuit pas. Pourquoi ? Parce qu’il sait en qui il a mis sa confiance : « Le Seigneur vient à mon secours ». C’est dans la Passion, Jésus accomplit pleinement cette figure. Il est le Serviteur obéissant, non pas écrasé par la souffrance, mais libre dans le don de lui-même.
Par ailleurs, Saint Paul nous fait entrer dans le cœur du mystère : l’abaissement du Christ (kénose). « Lui qui était dans la condition de Dieu… il s’est anéanti ». Ce n’est pas une perte, mais un choix d’amour. Jésus ne s’impose pas, il se donne. Il ne domine pas, il sert. Il ne sauve pas par la force, mais par l’obéissance jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Et c’est précisément là que Dieu agit : « C’est pourquoi Dieu l’a exalté ». La gloire ne vient pas malgré la croix, mais à travers elle. La croix devient le lieu de la révélation suprême de l’amour. (Philippiens 2, 6-11).
La Passion selon Matthieu est le drame du cœur humain. Le récit de la Passion selon saint Matthieu nous met devant un miroir. Tous les visages de l’humanité y apparaissent : Judas, qui trahit pour de l’argent, Pierre, qui renie par peur, Pilate, qui se lave les mains, la foule, qui change d’avis, les soldats, qui se moquent
Mais il y a aussi : Simon de Cyrène, qui aide à porter la croix, les femmes, fidèles jusqu’au bout, le centurion, qui reconnaît : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ». Ce récit n’est pas seulement l’histoire de Jésus. C’est notre histoire. Nous sommes tour à tour faibles, hésitants, infidèles… et pourtant appelés à reconnaître le Christ.
Frères et sœurs, que faisons-nous de ce mystère ? Sommes-nous capables d’écouter comme le Serviteur ? Acceptons-nous de suivre le Christ dans l’humilité et le don de soi ? Osons-nous rester fidèles dans les moments d’épreuve ? Le Dimanche des Rameaux nous met devant un choix : rester dans une foi superficielle, enthousiaste mais fragile… ou entrer vraiment dans la Passion du Christ, c’est-à-dire dans un amour qui va jusqu’au bout.
Cette Semaine Sainte est un chemin. Ne la regardons pas de loin. Entrons-y : en prenant du temps pour la prière, en méditant la Passion, en posant des actes concrets de charité, en nous rapprochant du pardon de Dieu. Car au bout de ce chemin, il n’y a pas l’échec, mais la vie. Il n’y a pas la mort, mais la Résurrection.
Frères et sœurs, aujourd’hui nous portons des rameaux. Dans quelques jours, nous contemplerons la croix. Demandons la grâce de ne pas fuir, mais de suivre le Christ jusqu’au bout pour entrer avec lui dans la joie de Pâques.
Amen
P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 29 mars 2026