LA PENTECOTE 2026
(Livre des Actes des Apôtres 2, 3-4)
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit…
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En cette fête de la Pentecôte, la liturgie de ce jour nous fait contempler la naissance visible de l’Église : des hommes enfermés par la peur deviennent des témoins libres et courageux. Le récit des Actes des Apôtres dit : « Tous furent remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2,4). Ce n’est pas seulement un événement du passé ; c’est la promesse permanente de Dieu pour son peuple.
Dans l’Évangile, les disciples sont enfermés derrière des portes closes. Ils ont vu la croix, ils sont découragés, blessés, sans avenir. Mais Jésus vient au milieu d’eux et dit : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19). Avant même de donner une mission, Jésus donne la paix. Car l’Esprit Saint ne descend pas d’abord pour produire des miracles visibles, mais pour guérir le cœur humain. Saint Augustin disait : « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Dieu. » L’Esprit Saint est précisément ce souffle de Dieu qui rend le cœur capable de paix, de vérité et d’amour.
Puis Jésus souffle sur eux : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22). Ce geste rappelle la création d’Adam lorsque Dieu insuffla dans ses narines un souffle de vie (Gn 2,7). À la Pentecôte, Dieu recrée l’humanité. L’Esprit Saint n’est pas une force impersonnelle ; il est la présence vivante de Dieu en nous. Là où l’Esprit agit, la peur devient confiance, la division devient communion, et le péché peut être pardonné.
Saint Paul, dans la deuxième lecture, insiste sur cette unité : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit » (1 Co 12,4). L’Esprit ne supprime pas les différences ; il les harmonise. Dans une société souvent divisée par les intérêts, les idéologies ou les blessures, la Pentecôte rappelle que l’unité n’est pas l’uniformité. Comme dans un corps, chaque membre est différent, mais indispensable. Le philosophe Emmanuel Levinas écrivait que l’homme devient pleinement humain lorsqu’il accueille l’autre comme un frère et non comme une menace. Voilà l’œuvre de l’Esprit : ouvrir nos frontières intérieures.
Dans les Actes des Apôtres, chacun entend les disciples parler « dans sa propre langue » (Ac 2,6). À Babel, les langues avaient divisé les hommes ; à la Pentecôte, l’Esprit rend possible la compréhension. Le vrai miracle n’est pas seulement de parler plusieurs langues, mais de devenir capable d’écouter l’autre avec le cœur. Aujourd’hui encore, combien de familles vivent sous le même toit sans vraiment se comprendre ! Combien de peuples se parlent sans s’écouter ! L’Esprit Saint seul peut transformer nos paroles en paroles de vie.
La Pentecôte nous pose alors une question simple : quelle place laissons-nous à l’Esprit Saint dans notre vie ? Souvent nous voulons tout contrôler : notre avenir, nos relations, notre foi même. Mais l’Esprit est comme le vent : on ne le possède pas, on l’accueille. Le philosophe Blaise Pascal disait : « L’homme dépasse infiniment l’homme. » Sans l’Esprit de Dieu, l’homme reste enfermé dans ses limites ; avec l’Esprit, il découvre qu’il est appelé à une vie plus grande.
Demandons aujourd’hui ce don de Dieu. Qu’il renouvelle notre Église, nos familles et nos cœurs. Qu’il nous donne la paix du Christ, le courage du témoignage et la joie de l’Évangile. Et que nous puissions redire avec foi cette parole de Saint Paul : « Personne n’est capable de dire : “Jésus est Seigneur” sinon dans l’Esprit Saint » (1 Co 12,3).
Amen
P. Gabriel BOLANGO ETAFE.
Eglise Saint Roch – Saint Martin du Var
Dimanche 24 mai 2026
